Janvier 2026

Fin de saison 2025 brutale

En quête de renouveau

Une belle dernière saison 

L'image du jour

Petit coucou du Chili sur le stage de préparation du mois d’août !

Chers lecteurs,

Voilà un an que je ne vous ai pas écrit sans pour autant me justifier vous trouverez dans cette édition quelques raisons à ce silence.

Il y a d’abord eu une fin de saison 2024-2025 brutale qui a laissé des traces.

Pendant le printemps et l’été j’ai cherché à changer d’air et me ressourcer notamment auprès de ma compagne. Puis je suis reparti le couteau entre les dents à l’entraînement pour préparer les jeux de Milan Cortina. 

En ce début de saison, lors des classifications, j’ai connu un nouvel affront qui m’a fait totalement perdre le sens de ce que je fais. Tant bien que mal, j’ai réussi à me relever pour aller au moins jusqu’en mars 2026 et terminer ma carrière, je l’espère, de la meilleure des manières sur la piste de la Tofane à Cortina.

Je vous transmets au passage tous mes vœux de bonheur, de santé et d’amour en cette nouvelle année 2026 qui sera l’année du renouveau pour moi.

Bonne lecture 

Jordan

Fin de saison brutale

Lors de ma précédente lettre en janvier dernier j’étais en pleine préparation pour les Championnats du Monde. 

Fin janvier lors d’une compétition, je reçois un appel que j’aurais préféré ne jamais avoir. Mon préparateur physique, Jean Paul Bourboujas, celui qui m’a énormément apporté tant sur le plan physique que sur ma connaissance de mon propre corps. Celui qui m’a permis des progrès remarquables aussi bien sur la mobilité de mon épaule lésée que sur ma prothèse. Cet homme, dont j’étais devenu si proche et à qui je devais beaucoup, était entre la vie et la mort à se battre contre un cancer. A mon retour en France c’était déjà trop tard. Je n’ai pu lui rendre visite qu’au funérarium et je n’ai même pas pu assister à sa sépulture car je partais pour les Championnats du Monde. Ce grand Monsieur qui m’a tant apporté et qui était d’une bonté sans commune mesure, je n’ai même pas pu être là quand il avait besoin de moi. Je pense encore très souvent à lui et à l’énergie qu’il m’apportait dans ma préparation. Un an après, j’aimerais lui rendre un bel hommage : merci Paulo.

Je suis malgré tout parti à ces Championnats du Monde avec la volonté de le rendre fier et de tout donner. Arrivé à Maribor en Slovénie, dans une organisation chaotique où le manque de neige a empêché la tenue des épreuves de vitesse. Nous avons donc commencé les mondiaux 6 jours plus tard que prévu par le Géant. Je suis parti sur les chapeaux de roues, la piste était belle et la neige excellente. Mais à seulement trois portes de l’arrivée une petite erreur de trajectoire me met à la faute et me voilà propulsé dans les airs. La chute est brutale. A mon retour en France le verdict tombe, j’ai deux côtes cassées et une fracture sur le côté d’une vertèbre lombaire.

Me voilà parti pour 2 mois de repos forcé avec un dos qui me fait souffrir quelle que soit la position dans laquelle je me trouve. La récupération est longue et je comprends que j’aurais pu me faire encore bien plus mal.  Je me rends compte aussi que ce qui me manque le plus n’est pas d’être au départ des compétitions mais simplement de skier et pratiquer les sports que j’aime. Mentalement, c’est très dur car je réalise que je prends beaucoup de risques qui ne sont que très rarement récompensés. Je me refuse cependant de lâcher, avec l’objectif de remettre les skis au pied avant la fin de la saison.

Avant cette chute, je m’étais fixé pour objectif de faire le semi-marathon d’Annecy le 20 avril. Je m’accroche à cet objectif pour me remettre sur pied au plus vite et parviens à terminer ce semi-marathon en moins de 2h ce qui est une belle performance, au vu de l’arrêt que j’ai eu. Je retourne aussi sur les skis en stage avec l’équipe où je retrouve de bonnes sensations.

En quête de renouveau

Après toutes ces épreuves, il m’a fallu prendre un peu d’air et faire autre chose. Je suis parti en Egypte puis en Croatie avec ma compagne. Ces deux voyages en itinérance nous ont permis de découvrir d’autres cultures, d’autres façons de voir le monde mais surtout des monuments et paysages incroyables. Je recommande ces deux destinations et je pourrais vous en parler des heures mais ce n’est pas l’objectif de ce journal.

Cela m’a redonné de l’énergie pour retourner à l’entraînement avec l’équipe de France. Nous avons eu plusieurs stages de préparation physique dont celui de Lacanau en surf. J’ai par ailleurs retrouvé un préparateur physique avec une approche différente mais intéressante et constructive. Puis le retour sur les skis s’est fait au Chili en août avec 20 jours de ski dans de superbes conditions. Au milieu du stage, il est tombé un mètre de neige en deux jours ce qui nous a permis de faire un peu de poudreuse.

A l’automne, j’ai solidifié mes bases techniques pour me sentir bien sur les skis et être prêt à aborder cette saison paralympique.

Une belle dernière saison

Début décembre j’étais prêt à aborder la saison. Mais alors que j’avais une opportunité de faire réévaluer mon handicap et faire prendre en compte cette épaule qui me gêne tant dans mon équilibre (voir Le Journal de Jordan – Décembre 2023), j’ai connu une désillusion totale. Je suis arrivé devant une commission qui m’avait jugé d’avance et qui a refusé d’entendre mes explications sur la gêne occasionnée par mon handicap. Alors que j’ai passé 15 minutes à expliquer et montrer que je n’avais pas la force de contrer la force centrifuge avec mon bras pour m’équilibrer ; que c’est pour cela que mon bras venait se coller contre moi. Ils ont considéré que j’avais trop de force et ont refusé de mentionner la force centrifuge dans mon observation. 

Jusqu’à présent je voulais bien comprendre qu’il était difficile de trouver un moyen de comparer nos handicaps et que cela pouvait créer des inégalités mais devant une telle résignation à chercher l’équité, je ne peux plus me battre.

Cela m’a permis de faire le constat que cette activité n’était plus en accord avec mes valeurs et que je ne trouvais plus autant de plaisir qu’avant à parcourir le monde pour faire des compétitions. Il est donc tant pour moi de tourner la page et de m’orienter vers d’autres projets personnels et professionnels.

La saison est lancée ! J’ai eu beaucoup de mal à retrouver un sens à prendre des départs en ce début de saison. Ma compagne, Mélanie, m’a beaucoup aidé à retrouver ce que j’aime vraiment dans ce sport : l’envie d’aller vite. 

Je n’ai plus envie de parler des résultats car ceux-ci n’ont plus de signification à mes yeux. J’ai mes propres indicateurs pour savoir si j’ai fait une bonne course : les temps réels (hors compensation) et mes sensations. Et c’est là-dessus que je me challenge désormais pour continuer de progresser et me pousser à bout.

Il y a eu déjà 3 tournées de Coupe du Monde en décembre :

  • Steinach am Brenner en Autriche où j’ai fait un Super Combiné avec un beau Super G mais un Slalom un peu sur la retenue.
  • Santa Catarina en Italie en descente, même si les premiers jours ont été difficiles avec un manque de glisse sur la première descente, je termine sur une dernière descente où je me suis régalé avec de vraies sensations de vitesse et l’impression d’être allé titiller ma limite. C’est cette course qui m’a permis de retrouver du plaisir sur les skis !
  • Saint Moritz en Suisse avec deux Géants où j’ai réussi à m’engager à 100% mais en allant un peu trop proche de mes limites ce qui m’a poussé à la faute à plusieurs reprises. Et un Slalom qui était vraiment bien parti mais où mon pied a fini par passer trop proche du piquet (photo à l’appui) !

A l’heure où je termine ce journal je reviens de Saalbach en Autriche où j’ai réalisé deux Descentes et deux Super G. La vitesse est ce que je préfère et je me suis bien fait plaisir sur ces épreuves.

Nous avons eu des conditions au top, la piste était belle et lisse. Je suis encore allé titiller ma limite avec deux sorties de piste. Mais je suis très content car j’arrive à mettre en place un point technique travaillé à l’automne et susceptible de me faire gagner pas mal de temps. Je commençais à le maitriser en géant mais de le mettre en place dans les disciplines de vitesse n’est pas chose aisée.

Il me reste un peu moins de 50 jours maintenant pour peaufiner tout ça et être prêt pour Cortina !

Les événements à venir

Comme précisé plus haut je préfère ne plus communiquer sur mes résultats car ceux-ci ne reflètent pas mon engagement et mes performances.

Toutefois si vous le souhaitez, grâce à la FIS vous pouvez suivre les courses en live sur ce lien en vous connectant le jour de la course :

fis-ski.com/live

Et vous pouvez retrouver ma fiche athlète avec tous mes résultats sur le lien suivant :

fis-ski.com/jordanbroisin

12 – 17 janvier 2026 : Saalbach 🇦🇹

Coupe du Monde [2 DH + SG]

22 – 23 janvier 2026 : Feldberg 🇩🇪

Coupe du Monde [2 SL]

27 – 30 janvier 2026 : Méribel 🇫🇷

Coupe du Monde [2 GS + 1 SL]

2 – 6 février 2026 : Tignes 🇫🇷

Coupe du Monde [2 DH + 1 SG]

9 – 10 février 2026 : Veysonnaz 🇨🇭

Coupe du Monde [1 GS + 1 SL]

22 – 26 février 2026 : Méribel 🇫🇷

Entraînement 

6 – 15 mars : Cortina d’Ampezzo 🇮🇹

Jeux Paralympiques

Le coin des partenaires

Cette édition est surtout l’occasion de tous vous remercier pour le soutien sans failles que vous m’avez apporté tout au long de ma carrière. Remercier les partenaires ci-dessous qui ont cru en moi et m’ont soutenu tout au long de ces années.

En me remémorant les bons moments de ma carrière, je me souviens principalement que lorsque j’étais au départ de mes premières Coupes du Monde puis Championnats du Monde ce qui me boostait énormément c’était de me dire que je n’avais pas envie de vous décevoir. Je suis très heureux du chemin que j’ai parcouru grâce à vous tous.

Alors un grand MERCI !